lundi 17 juillet 2017

La valeur intrinsèque du bitcoin, l’approche de Georges Lane

J’ai signalé ce texte dans ma revue de presse (sur Facebook ou Twitter) mais, étant donné son importance, je l’indique à nouveau dans mon blog. La valeur intrinsèque du bitcoin constitue une question récurrente, certains lui niant toute réalité, et prophétisent l’effondrement de la monnaie numérique, tandis que ceux qui ont foi dans cette monnaie sont souvent bien en peine de l’expliciter et s’en remettent à une "convention".

Dans mon livre La fin des banques ? je pointait la faiblesse de l’explication délivrée par les promoteurs "institutionnels" du bitcoin : "Sur le site du projet, bitcoin.org, on peut lire : «Bitcoin tire sa valeur de son acceptation comme moyen de paiement. Sa valeur initiale sur le marché a été obtenue lorsque les gens ont spéculé et que, de par ses propriétés, la monnaie allait être acceptée ensuite par d’autres». C’est certain, mais pas suffisant car un peu tautologique (le bitcoin a de la valeur parce qu’il est accepté comme moyen de paiement) et trop basé uniquement sur la confiance, comme les monnaies papier." J’avançais pour ma part "qu’au-delà, c’est le réseau bitcoin lui-même, sa puissance de calcul (qui est quelque chose de très concret : des milliers d’ordinateurs), le consensus de la communauté d’utilisateurs pour reconnaître son utilité et sa rareté, qui constitue sa valeur."

Dans son texte Ce qui a donné au "bitcoin" toute sa valeur, l’économiste Georges Lane apporte un élément déterminant à cette question en expliquant que "Le système de paiement est la source de la valeur, tandis que l'unité de compte se borne à exprimer cette valeur en termes de prix." Effectivement, l’euro n’est pas en lui-même un système de paiement (hormis le cas où je paye de la main à la main en liquide), les transactions passent par des intermédiaires (banque, carte de paiement, Paypal, etc.). Idem pour l’or d’ailleurs ou, à part le paiement de la main à la main, il faut s’en remettre à un intermédiaire ou transporter son or ce qui représente un coût et un risque. Au contraire le bitcoin est d’abord un système de paiement, et celui-ci fonctionne parfaitement et pour un coût minime, et c’est ce qui fait toute sa valeur.

On pourrait rajouter à cette analyse que le paiement n’est pas la seule option permise par le bitcoin mais que la blockchain permet également d’implémenter quantité d’autres services financiers, qui concourent pareillement à cette valeur intrinsèque. C’est le protocole, ou l’algorithme, qui confère au bitcoin sa valeur intrinsèque (c’est aussi son risque si la communauté ne se met pas d’accord sur son évolution, mais ceci est une autre histoire).

Philippe Herlin

mardi 23 mai 2017

Il n'y a pas de limite à la hausse du bitcoin !

[un extrait de ma Lettre mensuelle (cf pavé à droite) de février, consacrée au bitcoin, et j'en recommandais l'achat... ce que je fais toujours]

Essayons d’estimer ce que pourrait valoir le bitcoin lorsqu’il sera plus largement connu et utilisé. Aujourd’hui 15 millions de bitcoins ont été « produits » (sur un total de 21). En prenant un cours de 1.000 euros, la capitalisation totale s’élève donc à 15 milliards d’euros. C’est beaucoup pour une monnaie qui ne valait rien lors de son lancement le 3 janvier 2009, mais c’est une tête d’épingle dans la masse des actifs financiers. Pour prendre l’or physique, les 166.000 tonnes existantes (estimation du Thomson Reuters GFMS), avec un lingot à 35.000 euros, pèsent 5.810 milliards d’euros. 387 fois plus. Selon le Allianz Global Wealth Report 2016, le total des actifs financiers dans le monde s’élève à 155.000 milliards d’euros. Le bitcoin en représente donc un dix-millième. Mais si sa part grimpe à 1% (soit 1.550 milliards d’euros), sont cours serait alors de 100.000 euros…

Il faut bien comprendre que le bitcoin n’est pas une action (une entreprise atteint toujours une limite), ni une matière première (un prix trop élevé fait chuter sa consommation), mais une monnaie. Si personne ne l’utilise (comme au début), elle ne vaut rien. Si elle devient une devise importante au niveau mondial, utilisée par des dizaines ou des centaines de millions de personnes, pour des transactions comme pour la thésaurisation, son cours peut atteindre des sommets.

Nous avons parlé « d’or numérique ». L’or, tout le monde connaît, les 7 milliards d’habitants sur terre savent ce que c’est, tandis que le bitcoin, aujourd’hui, seulement quelques millions de personnes l’utilisent (il y aura 5 millions d’utilisateurs en 2019 selon le cabinet Juniper Research), quelques dizaines de millions le connaissent, la marge de progression est donc énorme. Mais attention, son cours est volatile et il existe différents types de risques, nous allons y venir.

Ce que l’on peut dire, c’est qu’une progression régulière semble s’enclencher au fur et à mesure que les utilisations du bitcoin et de la la blockchain s’étendent. Mais que les vraies ruptures, les changements d’échelle, se produiront lorsque des millions de personnes perdront confiance dans leurs monnaies et décideront de passer au bitcoin. Le phénomène est embryonnaire en Amérique du Sud, en Afrique, en Chine, il pourrait croître rapidement à partir du moment où « l’effet réseau » s’enclenchera : au-delà d’un certain taux d’adoption, la croissance deviendra irrésistible.

Addendum du 24 mai : un Bitcoin vaudra 1 million de dollars d’ici 10 ans selon un des plus grands experts du secteur

Philippe Herlin